Style Gemini contre style ChatGPT : quelles différences
Ce que révèle la comparaison de deux brouillons écrits sur le même sujet par Gemini et par ChatGPT, et les points qu'il faut reprendre dans les deux cas.
« Est-ce que ça passe mieux si j'écris avec Gemini ? »
La question revient de temps en temps, et la réponse tient à peu près à « quasiment aucune différence ». Un détecteur ne vise pas un modèle en particulier : il observe les traits statistiques du style IA en général. Cela dit, quand on retravaille un brouillon, les habitudes des deux modèles diffèrent subtilement, et connaître ces différences fait gagner du temps.
Ce qui suit n'est pas une règle absolue mais une tendance, susceptible de changer à chaque mise à jour.
Le rapport à la structure
Gemini a tendance à bâtir une structure sans qu'on le lui demande. Même sur une question brève, des sous-titres et des listes numérotées apparaissent souvent. C'est pratique pour organiser de l'information, mais reporté tel quel dans une dissertation ou une lettre de motivation, le texte se lit comme un plan.
ChatGPT part plus volontiers sur de la prose en paragraphes. En contrepartie, les paragraphes s'allongent et une même idée revient reformulée un peu différemment.
Les corrections diffèrent donc. Un brouillon Gemini demande de transformer les listes en phrases ; un brouillon ChatGPT demande de couper les paragraphes redondants.
Les habitudes de conclusion
Les deux ont une forte propension à ajouter un paragraphe de synthèse à la fin, mais pas de la même façon.
| Fin de texte fréquente | |
|---|---|
| Gemini | Un rééquilibrage du type « il convient toutefois de considérer également… » |
| ChatGPT | Une reformulation résumée du type « en conclusion, il est essentiel de… » |
Dans les deux cas, on peut souvent supprimer ce paragraphe sans que le texte souffre. Si vous avez une limite de signes, c'est même le premier candidat à la suppression : il occupe de la place sans rien ajouter.
Ce qui ressort en français
En français, la différence se joue surtout sur les tournures qui reviennent.
- Les brouillons de Gemini enchaînent les formules du type « il est possible de… », « cela permet de… », paragraphe après paragraphe.
- Ceux de ChatGPT reviennent plus souvent à « il est important de… », « on peut dire que… », « il convient de noter que… ».
Le résultat est identique des deux côtés : trois ou quatre tournures reviennent en boucle et la fin des phrases devient prévisible. À la lecture à voix haute, cela s'entend tout de suite.
Ce qu'il faut reprendre dans les deux cas
Changer de modèle ne règle presque rien. Les deux brouillons butent sur les mêmes points.
1. Les phrases sont de longueur trop égale. Une personne s'étend sur ce qui compte et abrège ce qui compte moins. Les brouillons d'IA ont un écart réduit.
2. Le concret manque. Chiffres, noms propres, choses vécues. Sans cela, le texte reste vague quel que soit le modèle.
3. La position est floue. À force de ménager les deux camps, on ne sait plus ce que l'auteur soutient. En lettre de motivation, en dissertation ou dans une tribune, c'est rédhibitoire.
Corrigez ces trois points et la différence entre modèles devient négligeable. Ne les corrigez pas et tous les modèles se ressembleront.
Comment le vérifier
Passez les deux brouillons écrits sur le même sujet dans le détecteur d'IA : vous verrez que ce qui diffère n'est pas tant le total que l'emplacement des passages signalés. Les brouillons Gemini accrochent souvent sur les phrases d'explication qui suivent une liste ; ceux de ChatGPT sur les paragraphes intermédiaires qui se répètent.
La lecture des résultats côté Gemini est traitée plus en détail dans Détecteur Gemini : sur quoi se fonde l'analyse d'un texte écrit avec Gemini.
Le résultat est une probabilité IA indicative. Il n'identifie pas un modèle et ne tranche pas sur l'usage d'une IA.